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NANIKI

Kalinago Barana (Sea) Stories & Conservation Project


Entretiens avec les membres de la communauté et les anciens

Entretien avec Napoleon Sanford, Mars 2021 (video)
Entretien avec Napoleon Sanford, Mars 2021 (video)
Entretien avec Napoleon Sanford, Mars 2021 (video)
Entretien avec Napoleon Sanford, Mars 2021 (video) Entretien avec Saracen Valmond et Gerard Langlais Entretien avec M. Prosper Paris
L'équipe du Karina Cultural Group et des groupes de 3-4 jeunes ont visité et interviewé quatre anciens de la communauté avec le caméraman/vidéographe Benedict Lestrade, les 31 mars et 1er avril 2021. Un document PDF illustre les principaux points de ces entretiens. (1)

Le Barana (la mer) jouait un rôle essentiel dans la vie quotidienne du peuple Kalinago :

  1. Construction de pirogues avec rituels et plantes médicinales
  2. Techniques de pêche et navigation : sève pour les flèches empoisonnées, plantes, infusions
  3. Voyage en mer pour commercer, signer des traités, baptiser, aller à l'église... Le voyage en mer est plus facile que sur terre
  4. Produits de la pêche et nourriture préparée pour la saison des ouragans
  5. Outils : coquilles de conque, arêtes de poisson, harpons
  6. Mythes et légendes : monstres marins, îlots, grand serpent, histoires de pêche et de bateaux
  7. Rituels pour protéger et porter chance : noms de plantes




Entretien avec Gérard et Miranda Langlais par Oonya Kempadoo - 24 mars 2021
(par Oonya Kempadoo, appel Whatsapp, pas d'enregistrement)

Gérard et Miranda Langlais ont déjà entendu dans leur enfance certaines de ces histoires, racontées par leurs parents, grands-parents et aînés. Le père de Miranda était constructeur de pirogues et pêcheur, et a fait partie du projet Gli Gli. Son frère construit actuellement des pirogues traditionnelles.

Gérard est également chaman et note : « Les coutumes et traditions spirituelles des Kalinagos ont été opprimées par le christianisme. Les gens qui connaissaient les rituels devaient se cacher, on se méfiait d'eux. Très peu ont été initiés. Certains sont morts avec ce savoir, d'autres ont eu la chance de le recevoir — comme si l'esprit les avait élus. »

  • Légendes : Loukuo est le premier homme à débarquer à Waitukubuli (la Dominique). Il est venu sur une pirogue d'Amérique du Sud. Il a eu beaucoup d'enfants. Quand il est mort, empoisonné par son cousin, il s'est transformé en caïman, et il vit toujours dans les rivières d'Amérique du Sud. Maruka et Samari (deux hommes) sont venus d'Amérique du Sud. Ils ont eu des enfants. L'un d'eux est mort et l'autre est toujours vivant dans le fleuve Orénoque. On dit que partout où les Kalinagos se sont installés, ils étaient toujours entre deux ou trois îlots. « Ces rochers indiquent le lieu de repos des esprits sacrés des ancêtres. Ils sont l'entrée du monde souterrain, et à une certaine période de l'année, ils se transforment en pirogues, et se rendent sur le continent pour voir les esprits des ancêtres. »

  • Construction de pirogues : Détails du processus, y compris la mention des rituels avec des plantes médicinales.

  • Charmes, plantes médicinales, techniques utilisés pour la pêche : « Divers stratagèmes sont utilisés pour attirer les poissons. Ces secrets (la science liée aux outils et techniques de pêche) sont transmis aux autres pêcheurs. »

  • Rituels et remèdes liés à la mer : Quand et où se baigner pour enlever l'énergie négative, comment les pierres sont utilisées comme remèdes, ainsi que comme armes.

  • L'importance de demander à la mer sa permission, ses conseils ou sa protection : « ...il faut parler à l'océan, faire des rituels, être guidé. »

  • Les aliments de la mer : une liste comprenant différents types d'algues et leurs usages médicinaux.

  • Danses et chants : Il y a longtemps, lorsqu'il y avait des éclipses dans le ciel, on pensait que « Maboya (le mal) pourrait avaler la lumière du soleil. » Les danses, le fait de s'infliger des incisions pour se débarrasser d'un sortilège, de sacrifier des animaux, etc, ont continué. La danse de la pêche : une célébration de l'arrivée du poisson, avec un gestuelle imitant la pêche. Cette danse fait partie du répertoire du Karina Cultural Group, il en existe peut-être un enregistrement.

  • Une aventure de Gérard en mer entre la Dominique et Marie Galante, en pirogue avec à bord un âne vivant. Un peu plus tard, cette histoire a été présentée sous forme de sketch pendant les ateliers.

  • Pour l'avenir :
    - Ils aimeraient voir les histoires issues de ce projet transformées en dessins, livres, bandes dessinées.
    - Ils souhaitent préserver et améliorer la technique de construction des pirogues. Constat : les bons arbres se font rares.
    - Ils espèrent que les jeunes deviennent des éducateurs et des leaders. « Les jeunes perdent conscience de leur identité. Nous essayons de renforcer le peu qui est là, de les rendre fiers d'être Kalinago. Il n'y a pas assez d'enseignement de notre culture. »


En écoutant ensemble les résultats des autres interviews, cela a suscité d'autres réflexions :

  • Une régate : C'était l'idée de l'ancien chef, Charles William, qui a essayé de développer un festival sur la pirogue traditionnelle, qui est l'objet principal de la culture Kalinago. (M. Langlais)

  • Conservation des aliments et préparation aux ouragans : on séchait le poisson en prévision de la saison des ouragans — pour le stocker — sachant que le mauvais esprit risquait de détruire l'environnement. Comme technique de conservation, ils fumaient le poisson puis le séchaient au soleil. Les mouinas (maisons longues), basses et plates, étaient construites derrière la colline pour préparer et stocker ce poisson. (M. Langlais)

  • Aptitude des Kalinagos à nager/relation avec l'eau : « On dit que si un bébé est jeté dans une bassine d'eau et qu'il flotte, alors il est Kalinago. » (M. Langlais)

  • Truc de pêcheur : « On raconte qu'ils emportaient avec eux un cochon. S'ils se perdaient, ils le mettaient à l'eau, et ils le suivaient. » (M. Dangleben)

  • Le commerce dépend des bonnes relations avec les autorités françaises (des îles voisines), il varie beaucoup en fonction du gouvernement en place. (M. Langlais)

  • Les Français ont une forte affinité avec les Kalinagos. Les touristes français viennent en Dominique pour rencontrer les Kalinagos. En retour, il devrait être possible de visiter les îles françaises sans visa, mais ce n'est pas le cas. Les vendeurs d'artisanat ont besoin de touristes, et les Français sont leurs principaux clients. (M. Dangleben)

  • Le Ministère de l'Agriculture est en contact avec des constructeurs de bateaux : Après que l'ouragan Maria ait endommagé de nombreux bateaux, le gouvernement s'est rendu compte que les Kalinagos avaient les connaissances nécessaires pour construire des embarcations, ce qui représente un revenu économique non négligeable qui attire les jeunes (2000 à 5000 EC$ par bateau). (Mme Langlais)


Oonya Kempadoo © 2021 FDL